Bible-tube.com La tragédie des siècles 13

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UN GRAND RÉVEIL RELIGIEUX

La prophétie du quatorzième chapitre de l'Apocalypse annonce un grand réveil religieux consécutif à la proclamation du prochain retour du Christ. Il y est question d'« un ange qui volait par le milieu du ciel, ayant un Évangile éternel, pour l'annoncer aux habitants de la terre, à toute nation, à toute tribu, à toute langue, et à tout peuple. Il disait d'une voix forte : Craignez Dieu, et donnez-lui gloire, car l'heure de son Jugement est venue; et adorez celui qui a fait le ciel, et la terre, et la mer, et les sources d'eaux » (Apocalypse 14.6,7).
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Le fait que cette proclamation est confiée à un ange est significatif. Dans sa sagesse, Dieu s'est plu à illustrer symboliquement la noblesse, la puissance et la gloire de ce message par la pureté, la gloire et la puissance d'un messager céleste. Le vol de l'ange « par le milieu du ciel », la « voix forte » avec laquelle l'avertissement est proclamé « à toute nation, à toute tribu, à toute langue et à tout peuple », témoignent de la rapidité et de l'universalité de ce mouvement.

Quant au message lui-même, il nous renseigne sur l'époque de ce réveil : il fait partie de l'« Évangile éternel », et annonce l'inauguration du jugement. Si le message du salut a été prêché dans tous les siècles, ce message-ci renferme une portion de l'Évangile qui ne pouvait être prêchée que dans les derniers jours, la seule époque où l'on pourrait dire : « l'heure de son jugement est venue ». Les prophéties nous présentent une succession d'événements qui aboutissent à l'inauguration du jugement. C'est surtout le cas du livre de Daniel. Mais ce prophète reçoit l'ordre de tenir « close et scellée » jusqu'au « temps de la fin » la partie de sa prophétie relative aux derniers jours. C'est à cette époque-là seulement que l'on pourra proclamer un message se rapportant au jour du jugement et basé sur l'accomplissement de la prophétie. En effet, le prophète nous dit qu'au temps de la fin, « plusieurs le liront (son livre), et que la connaissance augmentera » (
Daniel 12.4).

L'apôtre Paul avertissait l'Église de son temps que le retour du Christ n'était pas imminent. Il faut, disait-il, « que l'apostasie soit arrivée auparavant, et qu'on ait vu paraître l'homme du péché » (
2 Thessaloniciens 2.3). On ne devait donc attendre le second avènement de Jésus qu'après la grande apostasie et le règne de « l'homme du péché ». Les expressions « homme du péché », « adversaire », « mystère d'iniquité », « fils de la perdition » désignent la papauté, qui devait, selon la prophétie, exercer sa suprématie pendant mille deux cent soixante ans. Cette période expirant en 1798, la venue du Christ ne pouvait avoir lieu avant cette date.
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Un message de ce genre n'a jamais été annoncé dans les siècles passés. Paul, nous l'avons vu, ne l'a pas prêché; il plaçait le retour du Christ dans un lointain avenir. Les réformateurs ne l'ont pas proclamé non plus. Martin Luther voyait le jour du jugement à quelque trois siècles de son temps. Mais, depuis 1798, le livre de Daniel a été descellé, la connaissance de la prophétie a augmenté, et le message solennel de la proximité du jugement a été proclamé.

Comme la Réforme du seizième siècle, le mouvement adventiste a éclaté simultanément dans différentes parties de la chrétienté. En Europe et en Amérique, des hommes de foi et de prière se sont sentis poussés à étudier les prophéties. Dans divers pays, des groupes isolés de chrétiens sont parvenus, par la seule étude de la Parole de Dieu, à la conclusion que le retour du Christ est à la porte et que la fin de toutes choses est proche.

En 1821, trois ans après que Miller fut arrivé à la conclusion que les prophéties aboutissaient au temps du jugement, le missionnaire Joseph Wolff commença à proclamer la proximité du retour du Christ. Il était né en Allemagne, de parents juifs. Son père était rabbin. Esprit vif et curieux, il écoutait, tout jeune encore, avec la plus grande attention, les conversations qui avaient lieu chez son père, où des Juifs pieux se réunissaient chaque jour pour s'entretenir de l'avenir de leur peuple, de la gloire du Messie à venir et de la restauration d'Israël. Entendant un jour parler de Jésus de Nazareth, le jeune garçon demanda qui était cet homme. « Un Juif de génie, lui fut-il répondu; mais comme il se disait être le Messie, le sanhédrin l'a condamné à mort. » -- Pourquoi Jérusalem est-elle détruite, et pourquoi sommes-nous en captivité? poursuivit l'enfant. -- Hélas! fit le père, c'est parce que nos pères ont tué les prophètes. Dans l'esprit du jeune Wolff, cette réponse fit aussitôt surgir la question : « Jésus n'était-il pas lui aussi un prophète, et n'a-t-il pas été mis à mort alors qu'il était innocent? » (Travels and Adventures of Rev. Joseph Wolff, vol. I, p. 6.) Ce sentiment fut si profond que Joseph, à qui son père avait défendu d'entrer dans un lieu de culte chrétien, s'attardait souvent sous les fenêtres d'une église pour écouter la prédication.jesus christ sauve, évangile selon jésus christ, mission chrétienne

À l'âge de sept ans, comme il parlait avec fierté, devant un chrétien âgé, du triomphe d'Israël lors de la venue du Messie, le vieillard lui répondit avec bienveillance : « Mon cher enfant, je vais te dire qui est le vrai Messie : c'est Jésus de Nazareth, ... que tes ancêtres ont crucifié comme ils avaient mis à mort les anciens prophètes. Rentre à la maison, lis le cinquante-troisième chapitre d'Ésaïe, et tu seras convaincu que Jésus-Christ est le Fils de Dieu. » (Travels and Adventures of Rev. Joseph Wolff, vol. I, p. 7.) Vivement impressionné par ces paroles, Joseph rentra chez lui, lut le chapitre indiqué et fut ébahi de voir avec quelle perfection la prophétie s'était accomplie en Jésus de Nazareth. « Le chrétien n'aurait-il pas raison? » se dit l'enfant. Ayant demandé à son père une explication de ce chapitre, il se heurta à un silence glacial et n'osa plus jamais entamer ce sujet avec lui. En revanche, son désir de s'instruire sur la religion chrétienne n'en devenait que plus intense.

Les connaissances qu'il cherchait lui étant sévèrement refusées dans la société juive, le jeune Wolff, âgé de onze ans seulement, quitta la maison paternelle, décidé à s'instruire et à choisir lui-même sa religion et sa vocation. Trouvant un emploi provisoire chez un parent, il en fut bientôt chassé comme apostat et se vit, seul et sans argent, obligé d'aller travailler chez des étrangers. Il alla de lieu en lieu, tout en étudiant, et subvenait à ses besoins en enseignant l'hébreu. Sous l'influence d'un maître catholique, il accepta la foi romaine et eut l'intention de devenir missionnaire parmi son peuple. À cet effet, il se rendit, quelques années plus tard, au Collège de la Propagande de la Foi, à Rome, où il fut d'abord traité avec de grands égards par les dignitaires de l'Église. Mais son esprit indépendant et son franc-parler le firent accuser d'hérésie; et comme il attaquait ouvertement les abus de l'Église en insistant sur zxc la nécessité d'une réforme, on l'éloigna de Rome, tout en le surveillant. Enfin, déclaré incorrigible, il reçut la liberté d'aller où bon lui semblerait. Parti pour l'Angleterre, il y embrassa la foi protestante et fut reçu dans l'Église anglicane. Au bout de deux ans d'études, en 1821, il s'engageait dans l'oeuvre à laquelle il consacra sa vie.
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Tout en acceptant la grande vérité d'une première venue du Messie en qualité d'« homme de douleur et habitué à la souffrance », Wolff se rendit compte que les prophéties annoncent avec une égale clarté sa seconde venue en puissance et en gloire. Et tout en s'efforçant de présenter à ses anciens coreligionnaires Jésus de Nazareth, l'agneau de Dieu immolé pour expier les péchés de l'humanité, il leur parlait de sa seconde venue comme Libérateur et Roi.

« Jésus de Nazareth, le vrai Messie, disait-il, celui dont les mains et les pieds furent percés, celui qui fut mené comme un agneau à la boucherie, qui "fut un homme de douleur et habitué à la souffrance", ce même Jésus reviendra une seconde fois, avec la trompette de l'archange, sur les nuées du ciel. » (Wolff, Researches and Missionary Labors, p. 62.) « Et il se tiendra sur la montagne des Oliviers, et la domination autrefois conférée à Adam sur toute la création et perdue par lui (
Gen. 1.26; 3.17), lui sera donnée. Il sera Roi de toute la terre. Les soupirs et les gémissements de la création cesseront, et on n'y entendra plus que des chants de louanges et d'actions de grâces... Lorsque Jésus viendra dans la gloire de son Père avec les saints anges... les croyants décédés ressusciteront d'abord. (1 Thes. 4.16; 1 Cor. 15.23) C'est ce que nous appelons, nous chrétiens, la première résurrection. Alors la création animale changera de nature (Es. 11.6-9), et sera soumise à Jésus. (Ps. 8) Une paix universelle régnera. » (Journal of the Rev. Joseph Wolff, p. 378, 379) « Contemplant une fois encore la terre, le Seigneur dira : Elle est très bonne. » (Journal of the Rev. Joseph Wolff, p. 394)

Wolff croyait à l'imminence du retour du Seigneur. Son interprétation des périodes prophétiques l'avait amené à assigner à ce retour une date voisine de celle fixée par Miller. À ceux qui lui disaient : Jésus affirme que « pour ce qui est du jour et de l'heure, personne ne le sait », il est donc impossible de rien savoir à ce sujet, Wolff répondait : « Jésus a-t-il dit que ce jour et cette heure ne seraient jamais connus? Ne nous a-t-il pas donné des signes des temps pour nous faire connaître, tout au moins, l'approche de cette venue, de même que l'on connaît l'approche de l'été quand les arbres se couvrent de feuilles? (
Mat. 24 32) Ne connaîtrons-nous jamais cette époque, alors qu'il nous exhorte non seulement à lire, mais à comprendre le prophète Daniel? Or, dans ce même prophète, il est écrit que certaines paroles sont closes et scellées jusqu'au temps de la fin; que "plusieurs... les liront, et que la connaissance (concernant l'époque) augmentera". (Dan. 12.4) En outre, Jésus ne veut pas dire qu'on ne connaîtra pas l'approche de cette époque, mais seulement le jour et l'heure exacts, et il ajoute que nous en saurons assez pour nous y préparer, comme autrefois Noé prépara son arche en vue du déluge. » (Wolff, Researches and Missionary Labors, p. 404, 405)
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Durant les vingt-quatre années qui s'étendent de 1821 à 1845, Wolff fit de longs voyages en Afrique, où il visita l'Égypte et l'Abyssinie, et en Asie, où il parcourut la Palestine, la Syrie, la Perse, la Boukharie et les Indes. Il visita l'île Sainte-Hélène, puis il partit pour les États-Unis. Débarqué à New York, en août 1837, il prêcha dans cette ville, ainsi qu'à Philadelphie et à Baltimore, et arriva enfin à Washington. Ici, écrit-il, « dans une des séances du Congrès, sur la motion de l'ex-président John Quincy Adams, la salle du Congrès me fut concédée à l'unanimité pour une conférence que je fis un samedi. Je fus honoré de la présence de tous les membres du Congrès, de l'évêque anglican de la Virginie, des membres du clergé et de bon nombre de citoyens de Washington. Le même honneur me fut accordé par les gouvernements du New Jersey et de la Pennsylvanie, devant lesquels je fis des conférences sur mes recherches en Asie et sur le règne du Christ. » (Journal of the Rev. Joseph Wolff, p. 398, 399)

Au cours de ses longs voyages, sans jamais recourir à la protection d'aucune puissance européenne, Wolff avait parcouru les contrées les plus barbares, endurant toutes sortes de souffrances et exposé aux plus grands périls. Il fut battu, détroussé par des voleurs, vendu comme esclave et trois fois condamné à mort. Il faillit parfois mourir de faim et de soif... Un jour, dépouillé de tout, il fut réduit à parcourir des centaines de kilomètres à pied dans les montagnes, fouetté par la neige, le visage et les pieds nus engourdis au contact dii sol gelé.

Quand on lui conseillait de ne pas voyager sans armes parmi des tribus sauvages et hostiles, il déclarait que ses armes étaient « la prière, le zèle pour Jésus-Christ et la confiance en son secours ». « Revêtu de l'amour de Dieu et du prochain, disait-il, je tiens en main l'épée de la Parole de Dieu. » (Journal of the Rev. Joseph Wolff, p. 398, 399) « Il avait toujours sur lui un exemplaire des saintes Écritures en anglais et un en hébreu.

À propos de l'un de ses derniers voyages, il écrit : « J'avais toujours la Bible ouverte, persuadé que ma puissance résidait dans ce livre et que cette puissance me soutiendrait. » (W. H. D. Adams, In perils oft, p. 192)

Wolff persévéra ainsi dans ses travaux jusqu'à ce que le message du jugement eût retenti dans une grande partie du monde. Il distribua la Parole de Dieu parmi les Juifs, les Turcs, les Parsis, les Hindous et nombre d'autres peuples, proclamant partout l'approche du règne du Messie.

Dans ses voyages en Boukharie, il trouva la doctrine du prochain retour du Seigneur au sein d'une peuplade isolée. « Les Arabes du Yémen, dit-il, possèdent un livre intitulé : "Seera", qui annonce la seconde venue et le règne glorieux de Jésus-Christ, et ils s'attendent à de grands événements pour 1840... Dans le Yémen, j'ai passé six jours au milieu des enfants de Réchab. Ils ne boivent pas de vin, ne sèment pas, ne plantent pas de vignes, et ils vivent sous des tentes, en souvenir du bon vieux Jonadab, fils de Réchab. J'y ai vu aussi des enfants d'Israël de la tribu de Dan... qui attendent, comme les fils de Réchab, la prochaine venue du Messie sur les nuées du ciel. » (Journal of the Rev. Joseph Wolff, p. 377, 389)

Un autre missionnaire trouva les mêmes croyances parmi les Tartares. Un prêtre, qui lui demandait quand le Christ reviendrait, parut grandement surpris quand ce missionnaire lui dit qu'il n'en savait rien; une telle ignorance lui parut inconcevable de la part d'un homme qui professait enseigner les Écritures, et il lui déclara, en se basant sur les prophéties, que, pour lui, Jésus-Christ reviendrait vers 1844.

Le message du retour de Jésus commença à être proclamé en Angleterre dès 1826. Le mouvement n'y eut pas la même ampleur ni la même précision qu'en Amérique; on n'y enseignait pas aussi généralement la date exacte de l'événement; toutefois, la grande vérité de la prochaine venue du Christ en puissance et en gloire y pénétra d'une façon générale, et cela non pas seulement parmi les dissidents et les non-conformistes. Un auteur anglais, du nom de Mourant Brock, nous informe que dans ce pays sept cents pasteurs de l'Église anglicane annonçaient « l'Évangile du royaume ». La conviction que la venue du Christ aurait lieu en 1844 y fut également propagée. Des publications venues des États-Unis s'y répandirent largement, et on y réimprima livres et journaux. En 1842, Robert Winter, Anglais de naissance, qui avait reçu en Amérique la foi adventiste, rentra dans son pays natal pour y proclamer le retour du Christ. Plusieurs se joignirent à lui, de sorte que le message du jugement fut entendu dans diverses parties du pays.

En Amérique du Sud, un jésuite espagnol, du nom de Lacunza, ayant eu accès aux Écritures, y trouva la vérité du prochain retour du Christ. Poussé à proclamer l'avertissement et désireux toutefois d'échapper à la censure de Rome, il se donna pour un Juif converti et publia ses croyances sous le pseudonyme de « Rabbi Ben Ezra ». Lacunza vivait au XVIIIème siècle; mais c'est seulement vers 1825 que son livre, parvenu à Londres, fut traduit en langue anglaise. Sa publication contribua à augmenter l'intérêt que la doctrine du retour du Christ avait éveillé en Angleterre.

En Allemagne, ce message fut prêché au XVIIIème siècle par Bengel, pasteur luthérien, savant critique et commentateur des Écritures. En achevant ses études, Bengel s'était « consacré à la théologie, vers laquelle l'attirait la gravité naturelle de son caractère, accentuée encore par sa première éducation. Comme beaucoup de jeunes gens sérieux, après et avant lui, il fut assailli par le doute. Dans ses écrits, il mentionne avec tact ces flèches qui avaient transpercé son pauvre coeur et rendu sa jeunesse amère. » (Encyclopaedia Britanica (9ème éd.), art. Bengel) devenu membre du Consistoire du Wurtemberg, il se fit l'avocat de la liberté religieuse. « Tout en soutenant les droits et les prérogatives de l'Église luthérienne, il revendiquait la liberté pour ceux qui, moralement, se sentaient tenus de quitter cette église. » Les heureux effets de cette attitude se font encore sentir dans sa province natale.

Comme Bengel préparait un sermon sur le chapitre vingt et un de l'Apocalypse pour un dimanche de l'Avent, son attention se porta sur la seconde venue du Christ. Il comprit, comme jamais auparavant, les prophéties de l'Apocalypse. Subjugué par l'importance et la gloire des scènes de la fin, il se vit contraint d'abandonner ce sujet pendant quelque temps. Un jour, en chaire, cette question se présenta de nouveau à lui avec tine telle clarté et une telle puissance que dès ce moment il se consacra à l'étude des prophéties, mais surtout à celles de l'Apocalypse. Il y découvrit bientôt qu'elles annonçaient la proximité de la venue du Christ. Il en fixa la date qui était, à quelques années près, celle que Miller devait fixer par la suite.

Les écrits de Bengel se répandirent dans toute la chrétienté. Ses vues sur la prophétie furent plus généralement accueillies dans le Wurtemberg. Après sa mort, le mouvement se poursuivit en Allemagne et dans les pays voisins. Bientôt, quelques croyants se rendirent en Russie, où ils formèrent des colonies dans lesquelles la foi au prochain retour du Christ s'est conservée jusqu'à ce jour.

La lumière brilla aussi en France et en Suisse. À Genève, où Farel et Calvin avaient implanté la Réforme, le message du second avènement fut annoncé par Gaussen, pasteur et professeur de théologie. Au cours de ses études, il s'était trouvé en contact avec le rationalisme qui dominait en Europe au XVIIIème siècle et au commencement du XIXème. Quand il entra dans le ministère, non seulement il ignorait la foi véritable, mais il était enclin au scepticisme. La lecture de l'histoire universelle de Rollin, faite dans sa jeunesse, avait cependant attiré son attention sur le second chapitre du livre de Daniel. Frappé du merveilleux accomplissement de la prophétie par l'histoire, il y vit un témoignage en faveur de l'inspiration des Écritures, qui fut pour lui comme une ancre au milieu des périls des années subséquentes. Les enseignements du rationalisme ne lui donnant pas satisfaction, il étudia avec ardeur la Parole de Dieu qui l'amena à une foi positive. (Voir
Appendice a40)

Son étude de la prophétie l'amena à la certitude de la proximité du retour du Seigneur. Convaincu de la solennité et de l'importance de cette grande vérité, il voulut la présenter en public. Mais la croyance populaire, selon laquelle les prophéties de Daniel sont mystérieuses et incompréhensibles, mettait obstacle à la réalisation de son dessein. Il se décida -- comme Farel l'avait fait avant lui pour évangéliser Genève -- à commencer par les enfants, pour atteindre ensuite les parents. Exposant plus tard le but de son entreprise, il écrivait :

« Je désire qu'on l'ait compris : ce n'est pas à cause de sa moindre importance, c'est au contraire en raison de sa haute valeur, que j'ai voulu présenter cet enseignement sous cette forme familière, et que je l'adresse à des enfants. -- Je voulais être écouté, et j'ai craint de ne l'être pas si je m'adressais d'abord aux grands. Ce sujet, bien que rempli de lumière, est réputé trop abstrus; bien qu'utile à tous, trop curieux; bien qu'abondant en nos Écritures, trop enveloppé d'incertitudes! ... Je vais donc aux plus jeunes : les aînés viendront autour. Je me fais devant eux un auditoire d'enfants; mais si le groupe grossit, si l'on voit qu'il écoute, qu'il jouit, qu'il s'intéresse, qu'il comprend, qu'il explique même, alors je suis sûr d'avoir bientôt un second cercle, et qu'à leur tour les grands reconnaîtront qu'il vaut la peine de s'asseoir et d'étudier. Quand cela sera fait, la cause sera gagnée. » (L. Gaussen, Daniel le prophète, vol. II, Avertissement, p. XI, XII)

Gaussen réussit. S'étant adressé aux enfants, il vit venir à lui des personnes plus âgées. Les galeries de son église ne tardèrent pas à se remplir d'auditeurs attentifs. Dans le nombre se trouvaient des savants, des hommes influents et des étrangers de passage à Genève. Ainsi, le message se répandit au loin.

Encouragé par ce premier succès, et afin de faciliter l'étude de la prophétie dans les églises de langue française, Gaussen publia ses leçons. « Publier des instructions données à des enfants sur Daniel le prophète, dit-il, c'est dire aux adultes, qui trop souvent négligent de tels livres sous le vain prétexte de leur obscurité : Comment seraient-ils obscurs, puisque vos enfants les comprennent? ... J'avais profondément à coeur de rendre populaire dans nos troupeaux, s'il m'était possible, la connaissance des prophéties. ... Il n'est pas d'étude, en effet, qui me semble mieux répondre aux besoins du moment. ... C'est par là qu'il faut armer l'Église pour ses tribulations prochaines et l'exercer à l'attente de Jésus-Christ. » (L. Gaussen, ouv. cité, vol. II, p. XXI.)

Ses ouvrages sur la prophétie (Voir
Appendice a41)
soulevèrent aussi un grand intérêt. Du haut de sa chaire de théologie, par la presse et comme catéchiste, Gaussen continua, pendant des années, à exercer une grande influence, et il amena beaucoup de personnes à étudier les prophéties relatives aux derniers temps.

En Scandinavie, le message du retour du Seigneur provoqua un vif intérêt. Bien des pécheurs, secouant leur torpeur, furent amenés à confesser leurs péchés et à en chercher le pardon au nom de Jésus-Christ. Mais le clergé de l'Église établie, hostile au mouvement, réussit à faire incarcérer plusieurs de ses propagateurs. À plusieurs reprises, là où les hérauts du message furent réduits au silence, Dieu jugea bon de le faire proclamer de façon miraculeuse par de petits enfants. N'étant pas majeurs, ils purent parler sans être inquiétés par la loi.

Le mouvement se dessina surtout parmi les ouvriers, dans les humbles habitations desquels on se réunissait pour entendre l'avertissement. Les enfants-prédicateurs appartenaient eux-mêmes, pour la plupart, à des familles pauvres. Certains d'entre eux n'avaient pas plus de six à huit ans; et bien que leur vie témoignât de leur amour pour le Sauveur, ils n'étaient pas plus doués que les autres enfants de leur âge. Mais dès qu'ils parlaient en public, il était évident qu'un pouvoir supérieur s'emparait d'eux. Le ton de leur voix et leur attitude changeaient subitement, et ils faisaient entendre l'avertissement du jugement avec solennité et puissance. Dans les termes mêmes de l'Écriture, ils répétaient : « Craignez Dieu et donnez-lui gloire, car l'heure de son jugement est venue. » En censurant le péché, ils condamnaient aussi bien la mondanité et la tiédeur spirituelle que l'immoralité et le vice, et ils pressaient leurs auditeurs de fuir la colère à venir.

On les écoutait en tremblant. Le Saint-Esprit parlait aux coeurs. Plusieurs en vinrent à sonder les Écritures avec un nouvel intérêt; les intempérants et les libertins se réformaient, les cupides abandonnaient leurs pratiques malhonnêtes. Il se fit une oeuvre si puissante que même des pasteurs de l'Église établie durent y reconnaître la main de Dieu.

Dieu ne voulait pas que la proclamation du retour du Christ dans les pays scandinaves fût retardée. Quand Jésus s'était approché de Jérusalem escorté d'une foule qui agitait des palmes et l'acclamait comme Fils de David, les pharisiens, jaloux, lui avaient ordonné de les faire taire. Jésus leur avait répondu que tout cela était un accomplissement de la prophétie, et que si le peuple se taisait, les pierres mêmes crieraient. Intimidée par les menaces des sacrificateurs et des principaux, la foule qui franchissait les portes de Jérusalem se tut. Mais, dans les parvis du temple, les enfants, reprenant leurs acclamations, se mirent à crier, en agitant leurs palmes : « Hosanna au Fils de David! » Irrités, les pharisiens dirent à Jésus : « Entends-tu ce qu'ils disent? Oui, leur répondit Jésus. N'avez-vous jamais lu ces paroles : Tu as tiré des louanges de la bouche des enfants et de ceux qui sont à la mamelle? » (
Matthieu 21.8-16) De même que Dieu fit proclamer la messianité de Jésus par des enfants, de même il se servit d'enfants pour annoncer l'avertissement de la seconde venue du Messie. Il fallait que la Parole de Dieu s'accomplit, et que la proclamation du retour du Sauveur fût entendue de toute nation, de toute tribu, de toute langue et de tout peuple.

William Miller et ses collaborateurs furent chargés de faire entendre le message aux États-Unis, où la prophétie de l'ange de l'Apocalypse (
ch. 14.6) eut son accomplissement le plus complet. Ce pays devint le centre d'un grand mouvement. Les écrits de Miller et de ses associés furent envoyés jusque dans les pays les plus lointains. L'heureuse nouvelle du prochain retour du Christ atteignit les missionnaires dans toutes les parties du monde. Le cri de l'Évangile éternel retentit partout : « Craignez Dieu et donnez-lui gloire, car l'heure de son jugement est venue! »

L'explication des prophéties qui semblaient faire coïncider le retour du Christ avec l'année 1844 produisit une profonde impression aux États-Unis. Ce message passait d'un État à l'autre, soulevant partout un vif intérêt. Bien des gens, convaincus de l'exactitude des arguments tirés de la prophétie, sacrifiaient volontiers leurs idées préconçues et embrassaient la vérité. Des pasteurs, abandonnant leurs vues sectaires et leurs sentiments personnels, renonçaient à leur traitement et à leur église pour seconder ceux qui proclamaient la venue de Jésus. Et comme le nombre des pasteurs qui acceptaient ce message était relativement restreint, ce denier fut surtout confié à des laïques. Des fermiers quittaient leurs champs, des artisans leurs outils, des négociants leurs marchandises et des hommes de carrières libérales leur profession. Mais le nombre de ces ouvriers restait bien insuffisant. La condition d'une Église refroidie et d'un monde plongé dans les ténèbres pesait lourdement sur le coeur des véritables sentinelles; aussi enduraient-elles la fatigue et les privations pour appeler les hommes à la conversion et au salut. En dépit de l'opposition de Satan, l'oeuvre du Seigneur progressait rapidement et des milliers d'âmes acceptaient la bonne nouvelle du retour du Christ.

Partout, mondains et membres d'église étaient instamment exhortés à fuir la colère à venir. Comme Jean-Baptiste, le précurseur, les prédicateurs « mettaient la cognée à la racine des arbres » et invitaient chacun à « produire du fruit digne de la repentance ». Leurs appels solennels offraient un contraste frappant avec les paroles de paix et de sûreté qui retentissaient du haut des chaires populaires. Aussi, partout où il était prêché, leur message remuait les coeurs. Le témoignage simple, direct et convaincant des Écritures, accompagné de la puissance du Saint-Esprit, était irrésistible. Des chrétiens de nom, sortant de leur fausse sécurité, confessaient leur tiédeur, leur mondanité, leur incrédulité, leur orgueil et leur égoïsme. Ils demandaient avec larmes : « Que faut-il que je fasse pour être sauvé? » Un grand nombre se donnaient à Dieu, changeaient de vie et vouaient désormais aux choses célestes des affections qu'ils avaient auparavant réservées à celles de la terre. Animés de l'Esprit de Dieu et le coeur ému, ils joignaient leurs voix à cette proclamation : « Craignez Dieu, et donnez-lui gloire; car l'heure de son jugement est venue. »

Ceux qui avaient causé quelque tort à leur prochain avaient hâte de le réparer. Tous ceux qui avaient trouvé la paix souhaitaient la faire connaître à d'autres. Les parents demandaient à Dieu la conversion de leurs enfants. L'orgueil et les discordes au sein des familles étaient remplacés par des confessions sincères, et les convertis travaillaient au salut de ceux qui leur étaient chers. Des prières ferventes montaient vers le ciel. Partout on trouvait des âmes angoissées qui plaidaient avec Dieu. Plusieurs passaient des nuits entières en prière pour obtenir l'assurance du pardon de leurs péchés ou la conversion de leurs proches ou de leurs voisins. Le nombre des croyants augmentait chaque jour.

Riches et pauvres, grands et petits accouraient aux réunions adventistes et se montraient avides, pour des raisons diverses, d'entendre annoncer le retour du Christ. Dieu tenait en échec l'esprit d'opposition. Parfois les instruments dont il se servait étaient faibles, mais son Esprit rendait la vérité puissante. Dans ces assemblées, où des foules recueillies écoutaient au milieu d'un silence impressionnant les preuves du retour prochain du Christ, la présence des anges se faisait sentir. Le ciel et la terre semblaient se rapprocher, et la puissance de Dieu reposait sur tous, jeunes et vieux. Les gens rentraient chez eux les louanges de Dieu sur les lèvres, faisant vibrer de leurs chants le silence de la nuit. Aucun témoin de ces scènes ne pourra jamais les oublier.

La proclamation d'une date précise pour le retour du Christ déchaîna dans toutes les classes de la société une violente opposition à laquelle prirent part tant le pasteur du haut de sa chaire que le plus vil des pécheurs. Alors s'accomplit cette prophétie : « Dans les derniers jours, il viendra des moqueurs avec leurs railleries, marchant selon leurs propres convoitises, et disant : Où est la promesse de son avènement? Car, depuis que les pères sont morts, tout demeure comme dès le commencement de la création. » (
2 Pierre 3.3,4) Plusieurs, qui professaient aimer le Sauveur, déclaraient ne rien avoir contre la doctrine du retour du Christ et ne s'opposer qu'à la fixation d'une date précise. Mais Dieu lisait dans leurs coeurs : ils ne voulaient pas entendre parler du jour où Dieu jugera le monde, selon la justice. Ils étaient des serviteurs infidèles dont les oeuvres ne supportaient pas le regard scrutateur du Dieu qui voit tout, et ils redoutaient de comparaître devant lui. Non seulement ils refusaient d'entendre la Parole de Dieu, mais ils tournaient en dérision ceux qui attendaient leur Sauveur. Satan et ses suppôts exultaient au spectacle de prétendus disciples de Jésus si peu désireux de sa venue.

« Quant à ce jour-là et à l'heure, nul ne le sait », disaient les adversaires de la foi adventiste. Mais le passage entier se lit comme suit : « Quand à ce jour-la et à l'heure, nul ne le sait, pas même les anges des cieux, mais mon Père seul. » (
Matthieu 24.36) Ceux qui attendaient le retour du Christ en donnaient une explication claire, d'accord avec le contexte, et montraient que leurs adversaires tordaient les Écritures. Cette parole avait été prononcée par Jésus lors de son mémorable entretien avec ses disciples sur le mont des Oliviers, après qu'il eut quitté le temple pour la dernière fois. Les disciples lui avaient posé la question : « Quel sera le signe de ton avènement et de la fin du monde? » Jésus leur donna des signes, puis il ajouta :

 

« Quand vous verrez toutes ces choses, sachez que le Fils de l'homme est proche, à la porte. » (Matthieu 24.3,33) Il ne faut pas annuler une déclaration du Seigneur par une autre. Bien que personne ne connaisse ni le jour, ni l'heure de la venue du Christ, notre devoir est d'en connaître la proximité. Jésus ajoute que l'ignorance volontaire au sujet de l'imminence de son retour sera aussi fatale que le fut l'ignorance des antédiluviens quant au temps du déluge. Et il établit un contraste entre le serviteur fidèle et le serviteur infidèle, entre la fin de celui qui dit en son coeur : « Mon maître tarde à venir » et le sort du serviteur que le Seigneur trouvera veillant et parlant de sa venue. « Veillez donc », dit-il. « Heureux ce serviteur, que son maître, à son arrivée, trouvera faisant ainsi! » (Matthieu 24.42-51) « Si tu ne veilles pas, je viendrai comme un voleur, et tu ne sauras pas à quelle heure je viendrai sur toi. » (Apocalypse 3.3)

L'apôtre Paul nous parle d'une catégorie de personnes que le jour du Seigneur prendra au dépourvu. « Le jour du Seigneur viendra comme un voleur dans la nuit. Quand les hommes diront : Paix et sûreté! alors une ruine soudaine les surprendra, comme les douleurs de l'enfantement surprennent la femme enceinte, et ils n'échapperont point. » Mais il dit à ceux qui auront pris garde à l'avertissement du Seigneur : « Mais vous, frères, vous n'êtes pas dans les ténèbres, pour que ce jour vous surprenne comme un voleur; vous êtes tous des enfants de la lumière et des enfants du jour. Nous ne sommes point de la nuit ni des ténèbres. » (
1 Thessaloniciens 5.2-5)

Les Écritures n'autorisent personne à ignorer la proximité du retour du Christ. Mais ceux qui cherchaient un prétexte pour rejeter la vérité fermaient l'oreille à ces explications, et les moqueurs, parmi lesquels de soi-disant ministres de Jésus-Christ, continuaient à répéter : « On ne peut savoir ni le jour ni l'heure. » Dès que les gens commençaient à sortir de leur engourdissement spirituel et à s'enquérir de la voie du salut, les conducteurs religieux se plaçaient entre eux et la vérité, s'efforçant de calmer leurs craintes en tordant la Parole de Dieu. Des sentinelles infidèles unissaient leurs efforts à ceux du grand séducteur en criant : Paix, paix! contrairement à l'avertissement divin. À l'exemple des pharisiens, plusieurs refusaient d'entrer dans le royaume des cieux et en fermaient l'accès aux autres. Dieu leur redemandera le sang de ces âmes.

Les membres les plus humbles et les plus pieux des églises étaient généralement les premiers à accepter le message. Ils se donnaient la peine d'étudier l'Écriture sainte et ne pouvaient manquer, malgré l'influence du clergé, de voir le caractère erroné des enseignements populaires touchant la prophétie.

La persécution sévissant au sein des églises, plusieurs âmes timides consentirent à taire leurs convictions; mais d'autres croyants furent persuadés que, s'ils cachaient la vérité, ils ne seraient pas fidèles au dépôt que Dieu leur avait confié. Ceux-là furent exclus de leurs églises uniquement pour avoir exprimé leur foi au prochain retour du Christ. Ils trouvèrent de précieux encouragements dans ces paroles du prophète : « Voici ce que disent vos frères, qui vous haïssent et vous repoussent à cause de mon nom : Que l'Éternel montre sa gloire, et que nous voyions votre joie! Mais ils seront confondus. » (
Ésaïe 66.5)

Surveillant avec le plus profond intérêt les conséquences de l'avertissement, les anges de Dieu se détournèrent avec tristesse des églises qui décidaient de rejeter le message. Mais nombreuses étaient les personnes qui n'avaient pas été éprouvées par la doctrine du retour du Christ, ou auxquelles une épouse, un mari, des parents ou des enfants avaient fait croire que c'était un péché de prêter seulement l'oreille aux hérésies enseignées par les adventistes. Des anges reçurent l'ordre de veiller avec soin sur ces âmes, car une lumière nouvelle venant du trône de Dieu allait briller sur leur sentier.

Les fidèles qui avaient reçu le message attendaient la venue du Sauveur avec une ardeur inexprimable. Dans un calme paisible et solennel, ils jouissaient de la communion avec Dieu, gage d'un radieux avenir. Ceux qui ont goûté cette espérance et cette assurance n'oublieront jamais la douceur infinie de ces heures d'attente. Quelques semaines avant le temps fixé, ils abandonnèrent en grande partie leurs occupations temporelles. Ils scrutaient les pensées et les émotions de leur coeur avec le même soin que s'ils avaient été sur leur lit de mort.

Aucun d'eux, contrairement à ce dont on les accusa, ne songeait à se confectionner des « robes d'ascension ». (Voir Appendice a42) En revanche, tous éprouvaient le besoin d'une préparation intérieure pour aller à la rencontre du Sauveur. Leurs « robes blanches », c'étaient la pureté de leur âme et leur vie libérée du péché par le sang expiatoire de Jésus-Christ. Plût à Dieu que ceux qui, aujourd'hui, professent être le peuple de Dieu aient toujours les mêmes dispositions à l'introspection, la même ferveur, la même foi! S'ils s'humiliaient ainsi devant le Seigneur et faisaient monter leurs supplications devant le propitiatoire, ils jouiraient d'une vie intérieure infiniment plus féconde et plus riche. La prière, la vraie conviction du péché et la foi vivante sont trop rares; voilà pourquoi beaucoup se trouvent privés de la grâce abondante que le Sauveur tient en réserve pour eux.

Dieu avait voulu éprouver son peuple. Sa main avait couvert une erreur dans le calcul des périodes prophétiques. Elle ne fut pas plus remanquée par les adventistes que par leurs savants adversaires. Ces derniers disaient : « Votre calcul des périodes prophétiques est exact; un grand événement doit se produire; mais ce n'est pas ce que Miller annonce : c'est la conversion du monde, et non pas le retour du Christ. » (Voir
Appendice a43)
La date passa, et Jésus-Christ ne vint pas apporter la délivrance aux fidèles qui, débordants de foi et d'amour, l'attendaient. Le désappointement fut amer, mais les desseins de Dieu s'accomplissaient : les sentiments de ceux qui n'avaient pas eu de mobile plus noble que la crainte avaient été révélés. Leur profession de foi n'avait changé ni leur coeur ni le cours de leur vie. Quand ils virent que l'événement attendu n'arrivait pas, ils déclarèrent qu'ils n'éprouvaient pas la moindre déception : ils n'avaient jamais cru au retour du Christ, et ils furent parmi les premiers à tourner en dérision la douleur des vrais croyants.

Mais Jésus et le ciel tout entier enveloppaient ceux-ci de leur amour et de leur sympathie. Si le voile qui sépare le monde visible du monde invisible avait été soulevé, on aurait vu les anges de Dieu se pencher sur ces âmes résolues pour les entourer et les protéger des traits enflammés de Satan.



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    Chapitre XXI - Un avertissement rejeté

    UN AVERTISSEMENT REJETÉ

    En prêchaut la doctrine du retour du Seigneur, William Miller et ses collaborateurs n'avaient eu d'autre objet que de réveiller le monde et de l'aider à se préparer en vue du jugement. Leur seul but, en rappelant la véritable espérance de l'Église à ceux qui professaient la piété, avait été de les amener à une vie chrétienne plus réelle et de convaincre les inconvertis du devoir de se repentir et de se donner à Dieu sans retard. « Ils ne songèrent pas à recruter des adhérents à une secte ou à un parti religieux. Ils travaillèrent parmi tous les partis et toutes les sectes sans s'ingérer dans leur organisation ou leur discipline. »

    « Dans tous mes travaux, dit Miller, je n'ai jamais songé à établir une confession indépendante des églises existantes, ou à favoriser l'une au détriment de l'autre. Je désirais faire du bien à toutes. Je supposais que tous les chrétiens se réjouiraient à la perspective du retour du Christ et, croyant que ceux qui ne partageraient pas mes vues ne témoigneraient aucune inimitié à ceux qui les adopteraient, je n'avais jamais envisagé la nécessité de réunions séparées. Mon unique but était de convertir des âmes à Dieu, d'avertir le monde d'un jugement imminent, et d'amener mes semblables à se préparer en vue de leur rencontre avec le Sauveur. La majorité de ceux qui se sont convertis grâce à mes travaux est entrée dans diverses églises. » (Bliss, Memoirs of William Miller, p. 328)

    Comme l'oeuvre de Miller tendait à édifier les églises, elle fut un moment envisagée avec faveur. Mais les pasteurs et les conducteurs religieux se prononcèrent contre la doctrine adventiste et, pour que cette question cesse d'être agitée, ils ne se contentèrent pas de manifester leur opposition du haut de la chaire, mais ils contestèrent à leurs ouailles le droit d'aller entendre des prédications et même de parler de leurs convictions dans les réunions d'édification. Les croyants se trouvèrent ainsi dans une situation des plus embarrassantes. Ils ne tenaient pas à se séparer de leurs églises qu'ils aimaient; mais quand ils virent qu'on imposait le silence au témoignage de la Parole de Dieu et qu'on leur déniait le droit d'étudier la prophétie, ils jugèrent que leur fidélité envers Dieu leur interdisait de se soumettre. Ne pouvant plus considérer comme Église du Christ, comme « colonne et appui de la vérité » une assemblée qui supprimait le libre témoignage de la Parole de Dieu, ils s'estimèrent autorisés à se séparer de leurs anciens frères. En conséquence, dans le courant de l'été de 1844, cinquante mille personnes environ se retirèrent des diverses confessions des États-Unis.

    À partir de ce moment, on observa un changement radical dans la plupart de ces églises. Depuis quelques années, on avait remarqué en elles une tendance graduelle mais constante vers la mondanité, et, parallèlement, un déclin de la vie spirituelle; mais, en cette même année, un affaissement soudain et bien caractérisé se manifesta dans la plupart de ces congrégations. Ce fait, apparemment inexplicable, fut dûment constaté et commenté, tant dans la presse que du haut de la chaire.

    Lors d'une réunion du synode de Philadelphie, Charles Barnes, auteur d'un commentaire fort estimé et pasteur de l'une des principales églises de la ville, déclara que, pendant un ministère de vingt années, il n'avait jamais, jusqu'à la dernière assemblée, célébré la sainte Cène sans recevoir dans l'église un certain nombre de nouveaux membres. « Maintenant, dit-il, il n'y a pas de réveils, pas de conversions, pas de croissance en grâce apparente chez les membres, et personne ne vient me trouver pour s'entretenir avec moi de l'état de son âme. À la prospérité matérielle, aux progrès du commerce et de l'industrie, correspond un accroissement de la mondanité. Et il en est ainsi dans toutes les églises. » (Congregational Journal, 23 mai 1844)

    Au mois de février de la même année, le professeur Finney, du college Oberlin, disait : « Nous avons pu constater qu'en règle générale les églises protestantes de notre pays sont ou indifférentes ou hostiles à presque toutes les réformes morales du siècle. Il y a des exceptions, mais elles n'infirment pas la règle générale. Nous nous trouvons en présence d'un autre fait : l'absence presque universelle de tout réveil dans les églises. Presque partout, l'on constate un marasme spirituel terriblement prononcé; la presse religieuse de tout le pays en fait foi... D'une façon générale, les membres de nos églises deviennent les esclaves de la mode : ils participent aux parties de plaisir, aux danses et aux festivités des inconvertis... Mais ne nous étendons pas sur ce pénible sujet. Qu'il nous suffise de dire, et cela devient de plus en plus évident et écrasant, que les églises en général dégénèrent d'une façon lamentable. Elles se sont fort éloignées du Sauveur, et il s'est retiré d'elles. »

    Un correspondant du Religious Telescope écrivait : « Jamais on n'avait encore assisté à un tel déclin religieux. Vraiment, l'Église devrait se réveiller et rechercher les causes de cette situation qui, aux yeux de tous ceux qui aiment Sion, est une véritable calamité. Quand on réfléchit à la rareté des conversions réelles et à l'impertinence inouïe des pécheurs, on s'écrie presque involontairement : "Le Seigneur ne serait-il plus miséricordieux? on bien la porte de la grâce serait-elle fermée?" »

    La cause de cet état de choses se trouvait forcément dans l'Église elle-même. Les ténèbres spirituelles qui enveloppent les nations, les églises et les individus ne proviennent pas de ce que Dieu retire arbitrairement les secours de sa grâce, mais de l'attitude des hommes à l'égard de la lumière. Un exemple frappant de ce fait est renfermé dans l'histoire de la nation juive au temps de Jésus. Par son attachement au monde et par son oubli de Dieu et de sa Parole, l'ancien Israël était tombé dans l'obscurité morale et la sensualité. Aussi alla-t-il, dans son orgueil et son incrédulité, jusqu'à rejeter son Rédempteur. Même alors, Dieu n'enleva pas au peuple juif la possibilité de connaître les bienfaits du salut et d'y participer. Mais ceux qui avaient rejeté la vérité avaient perdu tout désir de posséder ce don céleste. Ils avaient « changé les ténèbres en lumière et la lumière en ténèbres »; et combien grandes étaient ces ténèbres!

    Il plaît à Satan de voir les hommes abandonner la piété vivante et ne retenir que les formes de la religion. Après avoir rejeté l'Évangile, les Juifs conservèrent jalousement leurs anciens rites; tout en reconnaissant que la présence de Dieu ne se manifestait plus au milieu d'eux, ils restèrent farouchement cantonnés dans leur exclusivisme national. La prophétie de Daniel indiquait de façon si précise le temps de la venue du Messie et prédisait si clairement sa mort, qu'ils en défendaient l'étude, et que les rabbins finirent même par prononcer l'anathème contre ceux qui s'y adonnaient. Dans son aveuglement et son impénitence, le peuple d'Israël est resté, pendant dix-huit siècles, indifférent aux offres gracieuses du salut et aux bienfaits de l'Évangile : exemple effrayant et solennel des dangers que court celui qui rejette la lumière du ciel.

    Les mêmes causes produiront toujours les mêmes effets. Quiconque résiste à ses convictions parce qu'elles contrarient ses inclinations finit par perdre la faculté de distinguer la vérité de l'erreur. L'entendement s'obscurcit, la conscience se cautérise, le coeur s'endurcit, et l'âme se sépare de Diem. Là où la vérité divine est méprisée ou négligée, l'Église est plongée dans les ténèbres. La foi et l'amour font place à la mésentente et aux dissensions; les croyants concentrent leur attention et leur énergie sur les choses du monde, et les pécheurs s'endurcissent dans leur impénitence.

    Le message de l'ange de l'Apocalypse annonçant « l'heure du jugement » et invitant le monde à « craindre Dieu et a lui donner gloire », était destiné à réveiller le peuple de Dieu et à le séparer des influences corruptrices du monde. Si les églises avaient accepté cet avertissement, elles auraient banni de leur sein les péchés qui les séparaient du ciel. Si elles avaient reçu ce message en toute sincérité, si elles s'étaient humiliées devant Dieu et préparées à subsister devant sa face, l'Esprit et la puissance d'en haut se seraient manifestés au milieu d'elles. Elles seraient revenues à l'unité, à la foi et à l'amour du temps des apôtres, alors que les croyants n'étaient « qu'un coeur et qu'une âme », qu'« ils annonçaient la parole de Dieu avec assurance », et que « le Seigneur ajoutait chaque jour à l'Église ceux qui étaient sauvés » (
    Actes 4.32, 31; 2.47).

    Si le peuple de Dieu recevait la lumière telle qu'elle brille dans les Écritures, il réaliserait l'unité entrevue dans la prière de Jésus, et que l'apôtre appelle « l'unité de l'esprit par le lien de la paix ». « Il y a un seul corps et un seul Esprit, comme aussi vous avez été appelés à une seule espérance par votre vocation; il y a un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême. » (
    Éphésiens 4.3-5)

    Tels furent les résultats auxquels arrivèrent ceux qui acceptèrent le message adventiste. Issus de différentes confessions, ils renversèrent leurs barrières confessionnelles et pulvérisèrent leurs credo contradictoires. L'espérance, non conforme aux enseignements de la Bible, d'un millénium temporel fut abandonnée, les idées erronées sur le retour du Christ furent corrigées, l'orgueil et la conformité avec le monde disparurent, les torts furent réparés, les coeurs s'unirent dans la plus douce communion, l'amour et la joie régnèrent sans partage. Ces heureux effets accomplis pour un petit nombre, la doctrine du retour du Christ les eût répandus sur tous les chrétiens si tous l'avaient accueillie.

    Malheureusement, les églises, en général, n'acceptèrent pas ce message d'avertissement. Leurs pasteurs qui, en leur qualité de « sentinelles de la maison d'Israël », auraient dû être les premiers à discerner les signes du retour de Jésus, n'avaient aperçu la vérité ni dans le témoignage des prophètes ni dans les signes des temps. Des espérances et des ambitions mondaines remplissant leurs coeurs, leur amour pour Dieu et leur foi en sa Parole se refroidirent et, quand la doctrine du retour du Christ leur fut présentée, elle ne rencontra que préjugés et incrédulité. On avançait contre ce message le fait qu'il était prêché presque exclusivement par des laïques. Comme les Juifs autrefois, on répondait au témoignage clair et précis de la Parole de Dieu par la question : « Y a-t-il un seul des chefs et des pharisiens qui ait cru en lui? » D'autres, voyant combien il était difficile de réfuter les arguments tirés des périodes prophétiques, déconseillaient l'étude des prophéties sous prétexte qu'étant scellées, elles ne pouvaient être comprises. Des foules, qui avaient en leurs pasteurs une confiance aveugle, refusèrent de prendre garde à l'avertissement; d'autres, bien que convaincus de la vérité, n'osaient pas la confesser, de peur « d'être chassés de la synagogue ». Le message envoyé par Dieu pour éprouver et purifier l'Église révéla combien était grand le nombre de ceux qui avaient placé leurs affections sur le monde et non sur Jésus-Christ. Les liens qui les retenaient à la terre étaient plus puissants que ceux qui les attiraient vers le ciel. Ils optèrent en faveur de la sagesse humaine et se détournèrent du message scrutateur de la vérité.

    En rejetant l'avertissement du premier ange, ils repoussèrent le moyen que le ciel avait préparé en vue de leur restauration. Ayant méprisé le messager miséricordieux capable de corriger les maux qui les séparaient de Dieu, ils recherchèrent avec plus d'ardeur que jamais la faveur du monde. Telle était la cause de la terrible condition de mondanité, de tiédeur et de mort spirituelle qmi régnait dans les églises en 1844.

    Le premier ange du quatorzième chapitre de l'Apocalypse est suivi d'un second, qui proclame : « Elle est tombée, elle est tombée, Babylone la grande, qui a abreuvé toutes les nations du vin de la fureur de son impudicité! » (
    Apocalypse 14.8) Le terme « Babylone » dérive du mot « Babel » qui signifie confusion. Il est employé dans l'Apocalypse pour désigner les différentes formes d'une religion fausse ou apostate. Au dix-septième chapitre, Babylone est représentée sous le symbole d'une femme, image que les Écritures emploient pour désigner une église : une femme chaste, quand il s'agit d'une église pure; une femme corrompue, quand il s'agit d'une église apostate.

    Dans le saint Livre, les relations sacrées et permanentes qui existent entre Jésus-Christ et son Église sont symbolisées par les liens du mariage. Le Seigneur s'est uni à son peuple par une alliance solennelle. Il lui promet d'être son Dieu, et son peuple, de son côté, s'engage à n'appartenir qu'à lui seul. Dieu lui dit : « Je serai ton fiancé pour toujours; je serai ton fiancé par la justice, la droiture, la grâce et la miséricorde » (
    Osée 2.21); « car je suis votre maître » (Jérémie 3.14). Et l'apôtre Paul se sert de la même figure dans le Nouveau Testament, quand il dit : « Je vous ai fiancés à un seul époux, pour vous présenter à Christ comme une vierge pure. » (2 Corinthiens 11.2)

    Quand l'Église détourne ses affections de Jésus pour les reporter sur les choses du monde, son infidélité est comparée à la violation du voeu conjugal. Israël s'éloignant du Seigneur est représenté sous cette image, et le merveilleux amour de Dieu, méconnu, est ainsi dépeint : « Je te jurai fidélité, je fis alliance avec toi, dit le Seigneur, l'Éternel, et tu fus à moi. » « Tu étais d'une beauté accomplie, digne de la royauté. Et ta renommée se répandit parmi les nations, à cause de ta beauté; car elle était parfaite, grâce à l'éclat dont je t'avais ornée... Mais tu t'es confiée dans ta beauté, et tu t'es prostituée, à la faveur de ton nom. » « Comme une femme est infidèle à celui qui l'aime, ainsi vous m'avez été infidèles, gens de la maison d'Israël. » (
    Ézéchiel 16.8, 13-15, 32; Jérémie 3.20 vers. Synodale)

    Le Nouveau Testament se sert d'un langage analogue à l'égard des soi-disant chrétiens qui apprécient plus hautement la faveur du monde que celle de Dieu, « Adultères que vous êtes! dit l'apôtre Jacques, ne savez-vous pas que l'amour du monde est inimitié contre Dieu? Celui donc qui veut être ami du monde se rend ennemi de Dieu. » (
    Jacques 4.14)

    La femme du dix-septième chapitre de l'Apocalypse (appelée Babylone) est décrite comme « vêtue de pourpre et d'écarlate, et parée d'or, de pierres précieuses et de perles. Elle tenait dans sa main une coupe d'or, remplie d'abominations et des impuretés de sa prostitution. Sur son front était écrit un nom, un mystère : Babylone la grande, la mère des impudiques. » Le prophète poursuit : « Je vis cette femme ivre du sang des saints et du sang des témoins de Jésus. » Il est dit, de plus, que Babylone « est la grande ville qui a la royauté sun les rois de la terre ». (
    Apocalypse 17.4-6, 18) La puissance qui, durant tant de siècles, a exercé un règne despotique sur tous les monarques de la chrétienté, c'est Rome. La pourpre et l'écarlate, l'or, les pierres précieuses et les perles dont cette femme est parée rappellent d'une manière frappante la magnificence et la pompe plus que royales de la cour de Rome. En outre, aucun pouvoir humain n'a été « ivre du sang des saints » comme l'église qui a si cruellement persécuté les disciples de Jésus-Christ. Babylone est aussi accusée de relations illicites avec « les rois de la terre ». En s'éloignant de Dieu et en s'alliant avec les païens, l'église juive était devenue une prostituée. Or, en recherchant l'appui des pouvoirs de la terre, Rome s'est rendue coupable du même péché, et encourt la même inculpation.

    Babylone est appelée « la mère des impudiques ». Ses filles représentent évidemment les églises qui s'attachent à ses doctrines et à ses traditions, et qui, comme elle, sacrifient la vérité et l'approbation de Dieu pour contracter une alliance illicite avec le monde. Le message annonçant la chute de Babylone concerne des organisations religieuses qui, autrefois pures, se sont corrompues. Étant donné que ce message suit la proclamation de « l'heure du jugement » et se rapporte aux derniers jours, il ne peut désigner l'église catholique seule, « tombée » il y a des siècles. En outre, au dix-huitième chapitre, le « peuple de Dieu » est invité à sortir de Babylone. D'après ce passage, nombre d'enfants de Dieu se trouvent encore dans Babylone. Quels corps religieux recèlent, actuellement, la plus forte proportion de disciples de Jésus? Ce sont, sans aucun doute, les diverses églises professant la foi protestante. Au moment de leur naissance, ces églises ont pris noblement position pour Dieu et pour la vérité, et la bénédiction de Dieu a reposé sur elles. Les non-croyants eux-mêmes ont dû reconnaître les bienfaits qui découlent de l'acceptation des principes de l'Évangile. Pour employer les termes du prophète, « ta renommée se répandit parmi les nations, à cause de ta beauté; car elle était parfaite, grâce à l'éclat dont je t'avais ornée, dit le Seigneur, l'Éternel ». Mais ces églises sont tombées par le péché même qui avait été la cause de la ruine d'Israël : le désir de suivre l'exemple et de gagner l'amitié des impies. « Tu t'es confiée dans ta beauté, et tu t'es prostituée, à la faveur de ton nom. » (
    Ézéchiel 16.14-15)

    Un grand nombre d'églises protestantes suivent l'exemple de Rome dans son commerce impur avec les rois de la terre; les églises nationales, en s'alliant avec les gouvernements civils; puis d'autres églises, en recherchant la faveur du monde. Le terme « Babylone » (confusion) convient bien à ces corps religieux qui, professant tous puiser leurs doctrines dans les Écritures, sont fractionnés en sectes innombrables aux croyances et aux théories contradictoires.

    Outre leur union illégitime avec le monde, les églises sorties de Rome lui ressemblent à d'autres égards encore. Un ouvrage catholique affirme que, « si l'Église de Rome fut jamais coupable d'idolâtrie à l'égard des saints, sa fille, l'Église anglicane, qui a dix églises consacrées à Marie pour une consacrée à Jésus-Christ, participe à la même culpabilité ». (Dr Challoner, The Catholic Christian Instructed, préface, p. 21, 22)

    Dais son Traité sur le Millénium, le docteur Hopkins écrit : « Il n'y a pas de raison de prétendre que l'esprit et les rites antichrétiens sont le monopole de l'Église de Rome. Les églises protestantes ont conservé dans leur sein bien des choses provenant de l'Antichnist, et elles sont loin d'être réformées de... toute corruption et de toute méchanceté. » (Samuel Hopkins, Works, vpl. II, p. 328)

    Au sujet de la séparation de l'Église presbytérienne d'avec Rome, le docteur Guthrie s'exprime ainsi : « Il y a trois cents ans, notre église sortait du giron de Rome portant sur ses étendards une Bible ouverte et cette devise : Sondez les Écritures. Puis il pose cette question significative : « Est-elle sortie pure de Babylone? » (John Guthrie, The Gospel in Ezechiel, p. 237)

    « L'Église anglicane, dit Spurgeon, semble être entièrement dévorée par le puseyisme; mais la dissidence paraît être tout aussi entamée par l'incrédulité philosophique. Ceux dont nous attendions de meilleures choses se détournent l'un après l'autre des bases de la foi. Je crois que le coeur de l'Angleterre est rongé par une damnable incrédulité qui ose encore monter en chaire et se dire chrétienne. » (Voir
    Appendice a44)


    Quelle fut l'origine de la grande apostasie? Comment l'Église s'est-elle éloignée, aux premiers siècles, de la simplicité de l'Évangile? C'est en adoptant les pratiques païennes afin de faciliter la conversion des païens. L'apôtre Paul écrivait, au premier siècle : « Le mystère de l'iniquité agit déjà. » (
    2 Thessaloniciens 2.7) Pendant la vie des apôtres, l'Église resta relativement pure. Mais « vers la fin du second siècle, la plupart des églises se transformèrent; la simplicité première disparut, et, insensiblement, à mesure que les anciens disciples descendaient dans la tombe, leurs enfants, en compagnie des nouveaux convertis... entrèrent en scène et donnèrent une forme nouvelle à la cause ». (Robert Robinson, Ecclesiastical Reseatches, chap. VI, par. 17) Pour obtenir des conversions, on abaissa le niveau de la foi chrétienne; « le paganisme inonda l'Église et y introduisit ses coutumes, ses pratiques et ses idoles ». (Gavazzi's Lectures, p. 278) Assure de la faveur et de l'appui des princes, le christianisme fut nominalement accepté par les foules, dont un grand nombre d'individus, apparemment chrétiens, « restaient réellement païens, et continuaient d'adorer leurs idoles en secret ». (Gavazzi's Lectures, p. 278)

    Le même processus ne s'est-il pas répété dans presque toutes les Églises soi-disant protestantes? À mesure que disparurent les hommes qui les avaient fondées dans le véritable esprit de la Réforme, leurs descendants donnèrent une forme nouvelle à la cause. Fanatiquement attachés au credo de leurs pères mais refusant d'accepter toute vérité nouvelle, les enfants des réformateurs se sont écartés de l'exemple d'humilité, de renoncement et de simplicité qu'ils avaient reçu.

    Cet amour du monde, qui est une « inimitié contre Dieu », est excessivement répandu parmi les soi-disant disciples du Christ. Dans toute la chrétienté, les églises populaires se sont beaucoup éloignées de l'humilité, du renoncement, de la simplicité et de la piété enseignés par la Bible. Voici ce qu'a écrit Jean Wesley au sujet de l'usage légitime de l'argent : « Ne perdez aucune parcelle de ce précieux don pour satisfaire la convoitise des yeux par des vêtements superflus et coûteux, ou par des ornements inutiles. N'en gaspillez rien pour décorer votre maison d'objets d'art, pour la garnir de meubles superflus ou coûteux ou pour l'embeliir de tableaux et de dorures... Ne le dépensez pas pour satisfaire l'orgueil de la vie et attirer l'admiration ou la louange des hommes... Tant que "tu te vêtiras de pourpre et de fin lin, et que chaque jour tu mèneras joyeuse et brillante vie", beaucoup de gens, sans doute, applaudiront à la finesse de ton goût, à ta générosité et à ton hospitalité. Mais n'achète pas si cher leurs applaudissements. Contente-toi plutôt de l'honneur qui vient de Dieu. » (Wesley's Works, sermon 50, « The Use of Money ») De nos jours, hélas! bien des églises dédaignent ces exhortations.

    L'appartenance à l'Église est un facteur de considération. Dans certains pays, les dirigeants, les diplomates, les avocats, les docteurs, les négociants s'y font recevoir pour s'assurer le respect et la confiance de la société et soigner leurs propres intérêts, cherchant à dissimuler toutes leurs indélicatesses sous le manteau du christianisme. Les différentes confessions religieuses, fortes de la richesse et de l'influence de ces mondains baptisés, s'en servent en vue d'accroître la faveur dont elles jouissent auprès du public. De superbes églises, enrichies de la façon la plus extravagante, s'érigent sur les avenues les plus fréquentées. Les fidèles sont somptueusement vêtus. Des honoraires élevés sont offerts à des pasteurs de talent capables d'attirer et de captiver de grands auditoires. On exige d'eux des sermons chatouillant agréablement les oreilles et ne dénonçant pas le péché. C'est ainsi que les noms de pécheurs de distinction encombrent les registres de l'Église, et que les péchés à la mode sont cachés sous l'apparence de la piété.

    Parlant de l'attitude actuelle des soi-disant chrétiens à l'égard du monde, un grand quotidien écrivait : « Insensiblement, l'Église a cédé devant l'esprit du siècle et a adapté ses formes de culte aux besoins modernes... L'Église utilise actuellement tout ce qui peut rendre la religion attrayante. » L'Independent, de New York, disait du méthodisme tel qu'il est maintenant : « La ligne de démarcation entre les gens pieux et les impies se perd dans une espèce de pénombre, et dans les deux camps des hommes zélés s'emploient activement à oblitérer toute différence entre leurs façons d'agir et de s'amuser... La popularité de la religion tend à augmenter sensiblement le nombre de ceux qui veulent s'en assurer les avantages, sans en remplir honnêtement les devoirs. »

    Howard Crosby s'exprimait en ces termes : « Il est alarmant de constater que l'Église de Jésus-Christ répond si peu aux intentions de son Maître. De même que les Juifs, par leur familiarité avec les idolâtres, s'étaient autrefois éloignés de Dieu... l'Église de Jésus, par une intimité illicite avec un monde incrédule, perd graduellement la vie divine et s'abandonne aux coutumes pernicieuses d'une société sceptique et irréligieuse. » (The Healthy Christian : An Appeal to the Chruch, p. 141, 142)

    Emportée par la marée montante de la mondanité, par l'amour du plaisir, l'Église perd la notion du renoncement et du sacrifice pour le nom de Jésus. « Plusieurs des hommes et des femmes qui jouent actuellement un rôle dans nos églises out appris, dans leur enfance, à consentir des sacrifices pour subvenir à l'oeuvre de Dieu. » Mais « maintenant, quand l'Église a besoin d'argent, songe-t-on à solliciter des dons? Oh non! On organise une vente, une soirée récréative, une loterie, un banquet, n'importe quoi, pourvu que cela soit amusant! »

    Dans son message annuel du 9 janvier 1873, le gouverneur Washburn, du Wisconsin, faisait la déclaration suivante : « Une loi serait nécessaire pour fermer les écoles où se forment les amateurs du jeu. On les voit partout. Il arrive même que l'Église -- sans doute inconsciemment -- contribue à l'oeuvre du diable. Je parle des concerts, des soirées, des tombolas, quelquefois organisés au profit d'oeuvres charitables, mais souvent aussi à des fins moins utiles, consistant uniquement à obtenir de l'argent sans rien donner en contrepartie. Rien n'est si démoralisant, ni si alléchant, en particulier pour la jeunesse, que de trouver le moyen d'obtenir de l'argent ou d'autres biens sans avoir à travailler. Puisque des gens respectables collaborent à des entreprises où la chance joue le rôle principal, et tranquillisent leur conscience par la pensée que l'argent ainsi obtenu est destiné à un bon but, il ne faut pas s'étonner que notre jeunesse prenne si facilement des habitudes dont les jeux de hasard sont presque infailliblement la cause. »

    La mondanité envahit toutes les églises. Dans un sermon prêché à Londres, Robert Atkins traçait ce sombre tableau du déclin spirituel en Angleterre : « Le nombre des hommes réellement droits diminue, mais personne ne prend la chose à coeur. Dans toutes les églises, ceux qui professent la religion aiment le monde et s'y conforment, recherchent leurs aises et veulent être considérés. Appelés à souffrir avec Jésus-Christ, le mépris suffit à les faire reculer. Apostasie, apostasie, apostasie, voilà le mot gravé sur le fronton de toutes les églises. Si elles le savaient, si elles en avaient le sentiment, il y aurait de l'espoir; mais hélas! elles s'écrient : "Nous sommes riches, nous nous sommes enrichies, nous n'avons besoin de rien." (Second Advent Library, Tract no. 39) »

    Le grand péché imputé à Babylone, c'est d'avoir « fait boire à toutes les nations du vin de la fureur de son impudicité ». Cette coupe enivrante qu'elle offre au monde représente les fausses doctrines héritées par elle en courtisant les grands de la terre. L'amour du monde a dénaturé sa foi, et l'église déchue exerce à son tour sur ce dernier une influence néfaste en enseignant des doctrines directement opposées aux déclarations les plus explicites des saintes Écritures.

    Rome avait soustrait la Bible au peuple et lui avait offert en échange ses enseignements. L'oeuvre de la Réforme consista à restituer la Parole de Dieu à l'humanité; mais n'est-il pas trop vrai que les églises de nos jours enseignent à leurs membres à faire reposer leur foi sur leur credo plutôt que sur les saintes Écritures? Le pasteur Charles Beecher disait des églises protestantes : « Elles reculent devant toute parole sévère contre la confession de foi avec la même frayeur que les saints Pères l'eussent fait devant toute condamnation à l'endroit de la vénération des saints et des martyrs qu'ils étaient en train de cultiver chez leurs contemporains... Les églises évangéliques se sont lié les mains au point qu'il n'est plus possible de devenir prédicateur sans se soumettre à quelque livre autre que la Parole de Dieu... Ce que je dis là n'est pas une fiction, mais un fait : la puissance du credo est maintenant en train d'écarter les Écritures tout aussi réellement, quoique de façen plus subtile, que Rome ne l'a fait dans le passé. » (Sermon on « The Bible, a Sufficient Creed », delivered at Fort Wayne, Ind. Feb. 22, 1846)

    Quand des interprètes fidèles expliquent la Parole de Dieu, de savants exégètes prétendent que la saine doctrine est une hérésie, et détournent les gens de la recherche de la vérité. Si le monde n'était pas désespérément ivre du vin de Babylone, des foules se convertiraient sous l'influence des vérités claires et précises de la Bible. Mais la foi religieuse paraît si confuse et si contradictoire, que beaucetup se demandent ce qu'il faut croire. L'impénitence du monde est imputable à l'Église.

    Le message du second ange, d'abord prêché dans le courant de l'été de 1844, s'appliquait alors plus directement aux églises des États-Unis, où l'avertissement relatif au jugement avait été plus généralement prêché et rejeté, et où le déclin avait été le plus rapide. Pourtant, la proclamation de ce message ne s'acheva pas en 1844. Les églises firent alors, il est vrai, une chute morale due à la réjection de la lumière du message adventiste. Mais cette chute ne fut pas totale. En persistant à fermer l'oreille aux vérités destinées à notre temps, elles sont tombées de plus en plus bas. Toutefois, on ne peut pas dire encore : « Elle est tombée, elle est tombée, Babylone la grande... qui a abreuvé toutes les nations du vin de la fureur de son impudicité. » Elle n'a pas encore abreuvé toutes les nations. L'esprit de conformité au monde et d'indifférence envers les vérités claires et précises destinées à notre époque gagne du terrain dans les églises protestantes de toute la chrétienté, et ces églises sont comprises dans la terrible et solennelle dénonciation du second ange. Mais l'apostasie n'est pas encore parvenue à son comble.

    La Bible déclare qu'avant la venue du Christ, Satan opérera « avec toutes sortes de miracles, de signes et de prodiges mensongers, et avec toutes les séductions de l'iniquité », et que ceux qui « n'ont pas reçu l'amour de la vérité pour être sauvés » recevront « une puissance d'égarement, pour qu'ils croient au mensonge » (
    2 Thessaloniciens 2.9-11). Ce n'est que lorsque cet état de choses sera atteint, et que l'union de l'Église avec le monde sera consommée dans toute la chrétienté, que la chute de Babylone sera complète. Ce changement est progressif, et l'accomplissement total du message du second ange est donc encore dans l'avenir.

    Malgré les ténèbres spirituelles et l'éloignement de Dieu qui règnent dans les églises constituant Babylone, la majorité des vrais disciples de Jésus se trouve encore dans leur sein. Bien des personnes n'y ont pas encore eu connaissance des vérités spéciales pour notre temps. Nombreux sont ceux qui soupirent après plus de lumière, et qui cherchent en vain l'image du Christ dans leurs églises respectives. À mesure que ces églises s'éloignent de la vérité et s'allient plus intimement avec le monde, la différence entre les deux classes devient plus évidente. Une séparation aura lieu. Le temps vient où ceux qui aiment vraiment Dieu ne pourront plus rester en communion avec ceux qui « aiment le plaisir plus que Dieu » (
    2 Timothée 3.4-5).

    Le dix-huitième chapitre de l'Apocalypse se rapporte au temps où, par suite de la réjection du triple avertissement du
    quatorzième chapitre (6-12), l'Église sera dams la condition prédite par le second ange, et où le peuple de Dieu resté dans Babylone sera exhorté à en sortir. Ce message est le dernier qui sera jamais donné au monde, et il accomplira sa mission. Quand « ceux qui n'ont pas cru à la vérité, mais qui ont pris plaisir à l'injustice » (2 Thessaloniciens 2.12), seront abandonnés à une puissance d'égarement et croiront « au mensonge », la lumière de la vérité brillera sur ceux qui seront prêts à la recevoir. À ce moment-là, tous les enfants de Dieu demeurés dans Babylone obéirent à l'appel : « Sortez du milieu d'elle, mon peuple. » (Apocalypse 18.4 jesus christ sauve, évangile selon jésus christ, mission chrétienne, jesus christ sauve, évangile selon jésus christ, mission chrétienne, jesus christ sauve, évangile selon jésus christ, mission chrétienne,

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